Chapelle Notre Dame de la Vie
Cette chapelle est situé au hameau des Prés-plans et se trouve sur le chemin du baroque.
Elle a été en partie restaurée en 1855 et est évoquée quelque temps après sous le vocable de "Notre Dame de la Vie", sans doute pour son rôle, entre autres, de "chapelle de répit". Une coutume largement répandue en cette période consistait en effet à permettre aux prêtres de baptiser un enfant mort-né ou décédé peu après sa naissance sans avoir été baptisé : en cet endroit sacré, l'enfant "revenait à la vie" pour un court instant, juste suffisant pour recevoir le sacrement de Baptême et lui permettre ainsi d'avoir accès au paradis...
La façade est du pur style baroque, avec son portail cintré encadré de deux pilastres et surmonté de deux frontons successifs, le premier avec volutes encadrant une niche, le deuxième s'ouvrant vers un soleil rayonnant autour d'un oculi (petite ouverture pour aérer les combles). La niche portait une statue de la Vierge à l'Enfant qui, dans les années 1950, fut mitraillée par des chasseurs éméchés et que l'on a remplacé provisoirement par une création d'un artisan local. A droite du portail se trouve un bénitier en pierre noire volcanique, sur lequel sont gravés deux têtes humaines.
Les pierres d'angle comme les pilastres et frontons, sont taillés dans du "tuf", une pierre poreuse mais résistante, tirée d'une carrière située un peu plus en amont de l'Arvan. Les entourages des fenêtres, également en tuf, sont joliment décorées : à droite, en regardant Saint Sorlin, sont représentés la Croix de Savoie et une tête d'homme ; à gauche, en direction du Dauphiné, la Fleur de Lys, emblème du roi de France. A l'arrière, une petite porte en bois, refaite récemment par le service technique de la Commune, donne accès aux combles de la chapelle.
La deuxième travée, surélevée d'une marche, constitue le chœur de la chapelle où se situe l'autel et son magnifique retable baroque. Trois objets classés au titre des monuments historiques attirent notre attention:
- le retable en bois doré sur fond bleu, avec deux colonnes torses sculptées dans la masse de troncs de pin cimbro (insensible aux attaques des insectes), entourent une grande toile du maître mauriennais du 17è siècle, Gabriel Dufour.
Ce tableau est daté de 1672 et représente la Vierge Marie, couronnée par la colombe de l'Esprit-saint, présentant sont fils Jésus, debout sur le globe terrestre et déjà saisissant sa Croix. En haut à gauche, Dieu-le-Père, sortant d'un nuage sombre et désignant la scène de sa main gauche, retient de sa main droite trois flèches qui représentent les trois grands fléaux de l'humanité, à savoir la peste, la famine et la guerre.
- l'antependium (ou devant d'autel) en cuir doré dit aussi "de Cordoue", objet rare, classé en 1941, qui a été restauré en 2019 par un atelier spécialisé de la région de Grenoble. Il est constitué de dix pièces de cuir cousues ensemble, recouvertes de plusieurs fine couches de métal, de colle et de peintures, et embossées sous presse de différent motifs. C'est un atelier d'Avignon qui a réalisé ce merveilleux travail en 1747, à la demande de Jacques Bérard, Prieur de la chapelle, ainsi que le révèle l'inscription en dessous de l'image centrale représentant à nouveau la Vierge à l'Enfant.
- un autre tableau de Gabriel Dufour, ou du moins de son atelier de Saint Michel de Maurienne, est suspendu à gauche du chœur, au dessus d'un petit meuble en guise de prie-Dieu. Ce tableau représente la vierge tenant sur ses genoux l'Enfant Jésus, lequel donne au petit Jean-Baptiste, son cousin bien reconnaissable, deux cerises rouges, symbole du martyre...
- le plafond du chœur est décoré de dessins datant probablement de la restauration de 1855. Ils représentent différents objets de culte et symboles de la religion chrétienne. Mais ils dissimulent en sous-couche une fresque de couleur rouge qui apparaît à certains endroits. Ce phénomène de résurgence nécessiterait sans doute une analyse approfondie des peintures de cette voûte (sondage stratigraphique ?
Autres curiosités
- Les nombreux Ex-votos accrochés aux murs sont plus récents et correspondent aux guérisons obtenues en ce lieu de pèlerinage au cours du 19è siècle
- les autres meubles de cette chapelle, bancs, coffre, placard, table, ont été soigneusement nettoyés et "soignés" par les membres de l'Association.